
Lorsque quelque chose change dans notre corps,nous cherchons souvent immédiatement une explication.
Pourquoi suis-je aussi fatiguée en ce moment ?
Pourquoi cette douleur revient-elle ?
Pourquoi est-ce que je récupère moins bien ?
Pourquoi ce qui me faisait du bien il y a quelques mois ne fonctionne-t-il plusde la même manière ?
Cette recherche est légitime.
Le problème commence lorsque nous imaginons qu’ildoit nécessairement exister une cause unique, qu’il suffiraitd’identifier pour résoudre le problème.
Le vivant fonctionne rarement de manière aussilinéaire.
Ton corps nefonctionne pas en pièces détachées
Nous avons appris à penser le corps par systèmes: digestif, musculaire, hormonal, nerveux, cardiovasculaire...
Cette organisation est utile pour comprendrel’anatomie et la physiologie.
Mais dans la vie quotidienne, ces systèmes nefonctionnent pas séparément.
Ton sommeil peut modifier ta récupération. Tarécupération influence ta capacité à bouger. Ton niveau d’activité peut agirsur ton sommeil. Ton alimentation participe à tes apports énergétiques. Unepériode de forte sollicitation peut modifier certaines habitudes, ton rythme,ton appétit ou ta disponibilité pour le mouvement.
Et tout cela se produit dans un organisme quipossède aussi son histoire, ses capacités actuelles et son environnement.
C’est ce que j’appelle regarder le terrain.
Il ne s’agit pas de chercher une explicationalternative à un diagnostic médical.
Il s’agit de replacer ce que tu ressens dans unensemble plus large.
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Un même signal peut apparaître dans des contextes très différents
Prenons la fatigue.
Dire « je suis fatiguée » décrit une expérienceréelle.
Mais cela ne nous dit pas encore pourquoi elleest présente.
Depuis quand est-elle là ?
Est-elle constante ou variable ?
Comment évolue-t-elle au cours de la journée ?
Le sommeil est-il réparateur ?
Que se passe-t-il après une activité ?
Y a-t-il eu récemment un changement important ?
Existe-t-il d’autres symptômes associés ?
Observer ces éléments ne permet pas de posersoi-même un diagnostic.
En revanche, cela permet de sortir d'une visionextrêmement pauvre du problème :
un symptôme = une cause = une solution.
Comprendre commence parfois par accepter de ne pas savoir
C’est probablement l’une des compétences lesmoins confortables à développer.
Observer quelque chose sans immédiatement luiattribuer une explication.
« J’ai remarqué que ma douleur augmente aprèscertaines journées » est une observation.
« C’est forcément mon stress » est déjà uneinterprétation.
Peut-être que cette hypothèse mérite d’êtreexplorée. Peut-être pas.
Cette distinction change beaucoup de choses.
Parce qu’elle permet de passer de :
« Qu’est-ce que j’ai ? »
à des questions parfois plus utiles :
« Qu’est-ce qui se passe ? »
« Qu’est-ce qui varie ? »
« Qu’est-ce que je sais réellement ? »
« Qu’est-ce qui mérite d’être exploré davantage ? »
Comprendre son corps ne signifie donc pas devenir capable de tout expliquer seule.
Cela signifie progressivement construiresuffisamment de repères pour mieux s’orienter.
C’est précisément le rôle d’Autonomie corporelle
J’ai écrit Autonomie corporelle – Manuel desurvie du vivant pour approfondir cette manière de raisonner.
Le manuel explore notamment le terrain, la charge globale, la douleur, la fatigue, l’alimentation, le mouvement, la récupération et le système nerveux.
Il propose également la méthode C.O.R.P.S.® :
Conscience · Observation · Régulation ·Progression · Souveraineté
Non pas comme un protocole supplémentaire à appliquer, mais comme une boussole pour t’aider à décider plus justement face àce que ton corps exprime.
L’objectif n’est pas de rendre ton corpsparfaitement prévisible.
Il est de devenir progressivement plus capable de t’orienter lorsqu’il ne l’est pas.
Autonomie corporelle – Manuel de survie du vivant
Ebook numérique · 167 pages · 29 € TTC








